Cancer de la prostate : vers des traitements à la carte

Le traitement du cancer de la prostate expose à des effets secondaires sur le plan sexuel, urinaire, voire digestif. Le développement de traitements ciblant uniquement la tumeur vise à réduire ces effets (techniques focales). Quatre d'entre eux ont été présentés en mars aux dernières Journées des innovations techniques et technologiques en urologie. Les progrès de l'imagerie per-opératoire devraient permettre une utilisation optimisée de ces approches.

Pour répondre à la prise en charge de patients ayant une tumeur de la prostate localisée, des méthodes d’intervention ciblées – des traitements focaux – sont apparus afin d’éviter de traiter l’ensemble de la glande.

  • la cryothérapie focale

    consiste à congeler la tumeur. Le refroidissement commence à l'extérieur de la cellule. Des cristaux de glace se créent et viennent blesser la membrane de la cellule. Les vaisseaux eux-mêmes sont congelés ce qui entraîne des microhémorragies et une ischémie de la zone traitée. La cryothérapie se fait au moyen d'aiguilles de longueurs différentes, insérées dans la prostate par voie sagittale transpérinéale. La congélation se fait autour des aiguilles. La technique permet de traiter des tumeurs de forme complexe.
  • la photothérapie (VTP)

    utilise également des aiguilles qui véhiculent de l’énergie lumineuse. La destruction de la tumeur se fait en combinant le laser (dans des longueurs d'ondes proches de l'IR) et une drogue photosensibilisante. L’un des risques de cette technique est d’atteindre d'autres organes car le produit photosensibilisant a été diffusé dans tout le corps. Il convient donc d'installer un moniteur de lumière pour vérifier pendant tout le temps de la séance que les zones fragiles, et notamment le rectum, ne sont pas exposées à la lumière.
  • les ultrasons focalisés de haute intensité

    permettent de détruire par la chaleur des tumeurs sans léser les organes environnants. Le traitement "Focal one" adapte cette méthode aujourd'hui bien connue en la couplant à un robot. À partir d’images diagnostiques préalables, le chirurgien planifie, sur le robot, la zone à traiter. Cette méthode nécessite un diagnostic extrêmement précis.
  • la curiethérapie focale

    repose sur la même technique que la curiethérapie mais de façon encore plus localisée. Cela consiste à implanter des grains d'iode 125 radioactifs directement dans la prostate malade pour ne détruire que la zone malade. Le choix de l'implantation des grains et de la dosimétrie de chaque grain est décidé en fonction du volume et du type de tumeur. Les grains émettent des rayons pendant 6 à 12 mois, jusqu'au moment où ils ont perdu leur radioactivité.

« Ces quatre méthodes permettent de préserver au maximum le tissu prostatique et de réaliser des traitements à la carte », selon l’Association française d’urologie (AFU). Quelques études ont néanmoins montré que les thérapies focales étaient parfois insuffisantes. « Dans la pratique, les urologues suggèrent que pour les lésions de la zone antérieure de la prostate, la cryothérapie pourrait avoir une très bonne efficacité, poursuit l’AFU. Pour les lésions de la base et les lésions post-basales les ultrasons seraient indiqués. Enfin la curiethérapie focale serait à privilégier pour les lésions de l'Apex. »