Antibiorésistance : lancement d’un programme interministériel

Le Gouvernement vient de lancer un vaste programme interministériel visant à maîtriser l’antibiorésistance. Cette feuille de route gouvernementale comprend quarante actions réparties en treize mesures phrases.

330 millions d’euros mobilisés sur cinq ans : c’est ce que débloqueront les pouvoirs publics pour la mise en œuvre de ce programme défini par le Comité interministériel pour la santé (CIS). Objectif principal : diminuer de 25 %, d’ici à 2018, la consommation d’antibiotiques et réduire les conséquences sanitaires et environnementales de l’antibiorésistance.
En France, 12 500 décès sont liés, chaque année, à une infection à bactérie résistante aux antibiotiques. A l’échelle mondiale, les résistances microbiennes seraient responsables de 700 000 morts par an. Si rien n’est fait, l’antibiorésistance pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde. « Ce phénomène, lié à la surconsommation et au mésusage des antibiotiques, est aggravé par l’arrêt de la production de certains anciens antibiotiques et par l’absence d’innovation depuis deux décennies, conduisant à une réduction de l’arsenal thérapeutique », explique le ministère de la Santé.

Informer, former, encadrer et surveiller

Depuis 2000, le Gouvernement a multiplié les plans ministériels. Ils ont permis, selon le ministère de la Santé, « d’atteindre de bons premiers résultats, en particulier en médecine vétérinaire ». Face à ce défi, il était nécessaire de passer à une vitesse supérieure. Ce nouveau programme donne donc la priorité à la sensibilisation et à la communication auprès du grand public et des professionnels de santé, avec un accent mis sur l’éducation pour la santé des jeunes et l’information des propriétaires d’animaux.
La formation des professionnels de santé et le bon usage des antibiotiques seront également renforcés, en particulier l’encadrement de leur prescription. Par ailleurs, le conditionnement de ces médicaments sera modifié pour insérer des messages de mise en garde et mieux les adapter aux durées de traitement.
Enfin, la mesure de l’antibiorésistance seront amplifiées, notamment par le renforcement des réseaux de surveillance, en particulier de la présence de résidus dans l’environnement.